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Porto la contemporaine

par Véronique Giraud
Le musée de la Fondation de Serralves a été conçu par l'architecte portugais Alvaro Sieiza. ©Rivaud/NAJA
Le musée de la Fondation de Serralves a été conçu par l'architecte portugais Alvaro Sieiza. ©Rivaud/NAJA
Plantoir (2001), Claes Oldenburg - Parc de la fondation de Serralves ©Rivaud/NAJA
Plantoir (2001), Claes Oldenburg - Parc de la fondation de Serralves ©Rivaud/NAJA
Construction of An Opaque Wind Park in Six Folds, 2016. Installation de l'artiste coréen Hague Yang dans le parc de la fondation Serralves. ©Rivaud/NAJA
Construction of An Opaque Wind Park in Six Folds, 2016. Installation de l'artiste coréen Hague Yang dans le parc de la fondation Serralves. ©Rivaud/NAJA
œuvre de l'artiste portugais Jorge Pinheiro. ©Rivaud/NAJA
œuvre de l'artiste portugais Jorge Pinheiro. ©Rivaud/NAJA
Exposition consacrée à l'artiste portugais Jorge Pinheiro, né à Coimbra en 1931. ©Rivaud/NAJA
Exposition consacrée à l'artiste portugais Jorge Pinheiro, né à Coimbra en 1931. ©Rivaud/NAJA
L'atrium du musée Serralves. ©Rivaud/NAJA
L'atrium du musée Serralves. ©Rivaud/NAJA
Dan Graham, Double Exposure, 1995/2003 - Parc de la Fondation de Serralves ©Rivaud/NAJA
Dan Graham, Double Exposure, 1995/2003 - Parc de la Fondation de Serralves ©Rivaud/NAJA
Arts visuels Arts plastiques Publié le 30/10/2017
Porto est une ville active, industrielle, qui met les bouchées doubles pour afficher un dynamisme créatif et exigeant, comme en témoigne le musée de la Fondation Serralves.

Elle a sans doute moins le vent en poupe que sa grande sœur Lisbonne. Mais, en parcourant ses rues, remonte au cœur de Porto un passé grandiose, aux parfums d’Inde et de Brésil, dans le sillage de riches colons revenus dans leur ville natale où ils ont fait construire de beaux hôtels particuliers décorés de trésors lointains. Son centre historique, le quartier de la Ribeira, aux ruelles pavées et aux maisons médiévales bordant le fleuve Douro, a été classé par l’UNESCO sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité, ses églises sont recouvertes de l’or d’Amérique du Sud et, après des années de repli, la ville trouve un dynamisme nouveau pour mettre à neuf ses plus beaux atours et s’ouvrir au monde. Ses nouvelles constructions l’inscrivent dans la modernité européenne. Parmi elles, la Casa da Mùsica, dont la surprenante architecture a été conçue par le Néerlandais Rem Koolhaas pour accueillir depuis 2005 toutes les formes de musique, et le musée de la Fondation Serralves, imaginé comme une première fenêtre ouverte sur l’art contemporain.

Installée dans un parc magnifique, la fondation réunit la Casa Serralves à un musée. La Casa est un exemple remarquable de l’architecture des années 30. Sa décoration intérieure et ses proportions reflètent en tous points l’harmonieuse élégance du style art déco, signée ici par ses plus grands contributeurs, dont Lalique, Perzel et Ruhlman. Quant au musée, signé Alvaro Siza Vieira, un artiste-architecte du fonctionnalisme radical, il épouse les inclinaisons du sol, interrompant l’horizon d’une simple ligne blanche par-delà les bosquets et les jardins à la française, avec la seule prétention de se fondre dans son environnement végétal.

Depuis l’ouverture en 1999, musée et parc se prêtent aux expositions, aux concerts, représentations de théâtre et de danse, et autres festivités artistiques.

La collection de la fondation recèle quelques 4300 œuvres, 1700 lui appartenant en propre, le reste étant prêté par différentes collections privées et publiques. Outre la présentation de cette collection, qui s’étend des années 60 à aujourd’hui, le musée organise régulièrement des expositions temporaires. Donnant le la, l’exposition inaugurale de 1999 avait pour titre « CIRCA 1868 ». Elle réunissait des œuvres réalisées dans les années 60 et 70 pour éclairer une période historique de transformations politiques, sociales et culturelles, ayant traversé le monde. L’ère post-moderne est le point de départ de la collection qui aujourd’hui se développe avec les créations du XXIe siècle, entre performances, architecture et contemporanéité, dans un contexte post-colonial et un présent globalisé.

Aux côtés des très connus, Tapiès, Arroyo ou Miro, dont une grande exposition a eu lieu en octobre 2016 autour des 80 œuvres de la collection d’une banque nationalisée, le musée donne l’occasion de découvrir de jeunes artistes du monde entier, dont les créations sont parfois peu accessibles au grand public. À la tête du Musée d’Art contemporain de la Fondation Serralves depuis 2013, l’Australienne Suzanne Cotter y a présenté plusieurs expositions ambitieuses, ponctuées de collaborations marquantes avec de grands artistes contemporains, dont Julie Mehretu, Philippe Parreno, Wolfgang Tillmans, Helena Almeida ou encore Yto Barrada. Elle a aussi ouvert le lieu aux performances chorégraphiques, de Boris Charmatz à Trajel Harrell ou Michael Clark. Suzanne Cotter vient d’être nommée directrice générale du Musée d’Art Moderne de Luxembourg, elle prendra ses fonctions au 1er janvier 2018. Si on ne connaît pas encore le nom de son successeur, l’année 2018 débutera le 13 janvier par une nouvelle exposition de la collection du musée dont elle a assuré le commissariat : La collection Serralves : 1960-1980. Rappelant le contexte international de la collection d'un musée qui s’affirme comme un des haut lieux de l’art contemporain au Portugal.

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