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Les jeunes du monde dessinent pour la paix avec City Arts

par Pierre Magnetto
Tsipi Ben-Haim, fondatrice de City Arts et animatrice du projet artistique et interculturel Pieces 4 peace.©Magnetto/Naja
Tsipi Ben-Haim, fondatrice de City Arts et animatrice du projet artistique et interculturel Pieces 4 peace.©Magnetto/Naja
Sarah Zeitlin, 12 ans,USA.
Sarah Zeitlin, 12 ans,USA.
Natachao Conni, 13 ans, France.
Natachao Conni, 13 ans, France.
Marie Burkey, USA.
Marie Burkey, USA.
Marina Kiryanova, 13 ans, Russie.
Marina Kiryanova, 13 ans, Russie.
Kirian Junejo, 17 ans,Pakistan.
Kirian Junejo, 17 ans,Pakistan.
Danial Hossain, 13 ans, Bengladesh.
Danial Hossain, 13 ans, Bengladesh.
Dalia, 13 ans, Israël.
Dalia, 13 ans, Israël.
Ayeza Qureshi, 17 ans, Pakistan.
Ayeza Qureshi, 17 ans, Pakistan.
Hors-Champs Société Publié le 19/04/2018
Depuis 2004, City Arts organise des ateliers de dessin pour les jeunes à travers le monde. Ils dessinent sur le thème de la paix, accompagnés par des artistes. Ce projet utilisant l’art comme médiateur s’affiche à travers Pieces 4 peace, une exposition itinérante, actuellement présentée à Paris.

« Dessiner, peindre, c’est la voie la plus directe pour exprimer ce que l’on pense, ce que l’on ressent et c’est quand même plus facile que de sculpter quand on ne maîtrise pas les techniques. » Tsipi Ben-Haim, fondatrice en 1989 de l’association City Arts à New York, présente jusqu’au 28 avril Pieces 4 Peace, dans l’espace galerie de l’association Mémoire de l’avenir à Paris. Cette exposition est composée d’une mosaïque de cadres carrés, d’une vingtaine de centimètres de coté, présentant sous verre des dessins réalisés par des jeunes de 11 à 20 ans de 73 pays, sur le thème de la paix. Ce travail au long cours, initié en 2004, présenté en décembre dernier au Palais des nations, le siège des Nations unies à Genève, regroupe plus de 6 000 œuvres. Toutes ne sont pas présentes à Paris évidemment, mais elles font l’objet d’une exposition en ligne visible sous toutes les latitudes.

 

La confiance faite aux jeunes. City Arts, c’est d’abord un pari sur les jeunes, sur leur sensibilité, sur leur intelligence, sur leur capacité de résilience. Pas évident par exemple de réunir autour d’un même projet jeunes Palestiniens et jeunes Israéliens, mais c’est pourtant à ce genre de défi que s’attaque Tsipi Ben-Haim. « Les enfants se sont regardés, rapporte-t-elle au souvenir d’une intervention en Israël, et au fond, ils se sont dits qu’ils se ressemblaient, qu’ils voulaient la même chose. Ils voulaient jouer au foot, alors ils ont joué au foot ensemble ; chanter, et ils ont chanté, en arabe, en hébreux et en anglais. Quand on les fait jouer ensemble, quand on les fait peindre ou danser ensemble, ils créent de la paix », assure-t-elle.

 

La créativité n’est pas une question de frontière. Quand elle anime un atelier, Tsipi aime bien montrer aux jeunes participants des dessins peints dans d’autres pays. « Je leur demande de les regarder, d’en choisir un chacun et de s’en souvenir. Ensuite nous en parlons, je leur donne l’origine de chacune de ces œuvres. Souvent ils sont surpris ». Cette surprise, c’est l’occasion d'initier un dialogue interculturel à distance, de confronter l’émotion suscitée par une œuvre à la représentation que peut se faire un enfant d’un pays étranger, surtout lorsque son pays est en conflit avec celui de l'auteur. « Ils réalisent alors que la créativité n’est pas une question de politique, ce n’est pas une question de frontière, ce n’est pas une question de richesse ou de pauvreté. La créativité peut grandir dans le désert comme à Wall Street, cela dépend de l’état d’esprit, et c’est important pour les enfants de le savoir ».

 

Une pédagogie de l'accompagnement. Financée par des dons d'entreprises, de particuliers et d’institutions publiques dans un pays où les dons accordés à ce genre d’association sont fortement défiscalisés, City Arts ne peut travailler sans la complicité d’artistes et d’enseignants accompagnant les adolescents dans leur processus de création artistique. « Il ne s’agit pas de faire à leur place, ni de leur imposer quoique ce soit, mais de les aider à faire leurs propres choix  », poursuit Tsipi Ben-Haim, explicitant sa démarche pédagogique. « Les artistes sont là pour parler avec eux de la paix, la paix dans la vie, la paix dans le coeur, la paix dans la communauté, la paix dans le monde. Ils demandent « quelle serait la bonne couleur pour exprimer ce que tu ressens ?. Tu veux du bleu mais peut-être que du coup tu as besoin du rouge pour montrer le contraste ? », mais l’artiste ne touche jamais les œuvres, il n’est là que pour aider le jeune à s’exprimer ».

Du grand bazar au vivre ensemble. " Il s’agit d’amener les enfants à faire l’expérience intuitive de l’art, à explorer leur créativité, mais également à réfléchir sur la paix, et à se responsabiliser vis-à-vis des défis du XXIe siècle, qui demanderont des trésors d’inventivité", résume le dossier de présentation de l'exposition. Des défis, il n'en manque pas en effet. « Regardez le bazar qui règne dans ce monde ! », s’exclame Tsipi Ben-Haim. « Nous devons aider les enfants par tous les moyens possibles, les mener vers des projets positifs, afin qu’ils apprennent à faire de belles choses et à vivre ensemble », une manière de lutter contre la violence et les extrémismes. La collection Pieces 4 Peace, dont le fonds va en s’élargissant au fil des années, a fait l'objet d'une trentaine d'expositions à travers la planète depuis 2005.

 

*City Arts présente jusqu'au 28 avril Pieces 4 peace, galerie Mémoire de l’avenir, 45-47 rue Ramponeau, Paris 20e.

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