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Dominique Lorenzoni, un peintre échappe à l’oubli

par Véronique Giraud
"L'assomption", tableau de Dominique Lorenzoni. © Giraud / Naja
"Femme accouchée", tableau de Dominique Lorenzoni. © Giraud / Naja
Arts visuels Arts plastiques Publié le 25/01/2018
Inconnues du public, les toiles du peintre Dominique Lorenzoni, décédé l'été dernier, sortent d'un oubli inévitable si ses fils n'avaient pris conscience de la créativité de l'œuvre.

À Aix-en-Provence, tout près de l’Hôtel de Ville, a eu lieu une exposition singulière. Elle aura duré peu de temps. Trop peu sans doute pour faire connaître au grand public l’œuvre de Dominique Lorenzoni. Ce peintre aixois s’est surtout soucié de sa création, très prolifique entre 1999 et 2004, et n’a connu que trois expositions dans la cité du Roy René. Du 8 au 20 janvier, une vingtaine de ses nombreux tableaux ont été montrés rue Paul Bert, la plupart pour la première fois. Cette rencontre avec le public, le peintre l’avait souhaitée, mais, décédé l’été dernier, il n’a pu l’entreprendre. Ses fils, conscients de la valeur esthétique de sa production, ont décidé de réunir quelques-unes de ses toiles avec pour thématique la maternité.

L’initiative a permis de se rendre compte de la vitalité de l’artiste. Chercheur effréné, curieux de l'art, Dominique Lorenzoni a expérimenté la figuration pour pénétrer des styles très variés, avec l’aisance de très grands formats. Dans la galerie éphémère, les portraits se suivent sans jamais se ressembler. Qu’il s’agisse de femmes, de petites filles, de nouveaux nés, de créatures étranges, il serait vain de chercher une unité. Chacun interroge, inspirant tout à la fois une inquiétante morbidité et la vision onirique du souvenir tourmenté. Corps et visages se détachent de fonds magnifiques. Par endroit, ils s’entrelacent. Le geste, nerveux, puissant, laisse une trace sensible, légère et transparente. De multiples superpositions émergent des fonds aux chauds roux et dorés, tandis que les rouges, profonds,  couvrants, s'imposent dans la toile en une couche épaisse et profonde. Le geste, intimement lié à la forme peinte, contraste avec le traitement des regards, souvent inquiets, ou absents. Une toile se distingue de cet ensemble de portraits, elle met en scène un cardinal portant un nouveau-né emprisonné dans une bulle diaphane. Massée autour de lui, une assemblée de squelettes observe l'enfant…

Les toiles de Dominique Loxrenzoni devraient être bientôt exposées à la Galerie NAJA21.

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