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En 2018, le cirque moderne souffle 250 bougies

par Véronique Giraud
Arts vivants Cirque Publié le 02/01/2018
Un gros gâteau pour l'art du frisson, pour la sensation à fleur de peau. Suffisamment gros pour contenir 250 bougies,une pour chaque année de l'histoire du cirque moderne. Peuplé d'auteurs circassiens menant le public là où personne ne les attend, il étonne, effraie, chante, enchante, fait rire, émeut, raconte en silence et en corps. L'année 2018 promet de nombreux rendez-vous à ne pas manquer.

Le cirque moderne a 250 ans. Les historiens s’accordent à fixer ses débuts en 1768, quand le jeune militaire anglais Philip Hartley eut l'idée de circonscrire l’espace de son travail de cavalier par un cercle de cordage, et d’agrémenter ses numéros équestres d’exploits acrobatiques, funambulesques, jonglés et comiques. Un siècle plus tard, Charles Hugues crée un amphithéâtre équestre, The Royal Circus, et le mot cirque sera désormais utilisé pour qualifier les spectacles qui, principalement conçus avec des chevaux, se déroulent sur une scène circulaire, la piste.

Le cirque s’épanouit en Europe et, en 1820, s’ouvre à la pantomine. Le clown apparaît et les numéros sont introduits par les rires que déclenchent un duo comique, le clown blanc et l’Auguste. Les entreprises de cirque s'ancrent dans une tradition familiale. Elles parcourent le monde, installant pour quelques jours caravanes et chapiteaux dans les villes et villages. Héritiers de cette itinérance, les enfants de la balle font perdurer cette forme de cirque. En parallèle, dans les années 80, le cirque attire en France des artistes qui ne font pas partie du sérail mais feront naître, hors des conventions esthétiques traditionnelles, un « nouveau cirque ». Celui-ci, soutenu par la puissance publique ouverte à la décentralisation, bénéficie souvent de subventions et change la donne. Les pionniers ouvrent la voie à de multiples compagnies qui, jusqu’à aujourd’hui, ont contribué à renouveler le genre. Le cirque contemporain ne cesse de se réinventer, tant du point de vue de ses modes de production, de diffusion, de médiatisation, que de ses esthétiques. Cohabitant avec les autres arts vivants, théâtre, chorégraphie, musique, il échappe à toute tentative de rationalisation. Artiste indépendant, membre d’une compagnie institutionnalisée, l’artiste de cirque ne se laisse enfermer dans aucune catégorie classique de l’art vivant, incarnant le jamais vu, le marginal, le dépassement de soi. Vivier de sensations nouvelles, entre effroi et poésie, le cirque pourrait être la forme de spectacle vivant et populaire la plus captive des nouvelles générations de public.

 

Cirques et merveilles en 2018. À Reims, la grande histoire du cirque sera racontée du 8 au 31 janvier, au sein du cirque en dur de la ville, joyau architectural construit en 1865. Cette initiative du cirque éducatif, fondé par Hugues Hotier, a pour thématique « Raconte-moi le cirque ». Elle évoquera quelques-uns des grands moments de l'histoire du cirque moderne, d'un tableau où Astley sur son cheval découvrira les acrobates et sauteurs de la place publique, à l'irruption de Footit et l'auguste Chocolat, tout premier duo de clowns incarnés récemment au cinéma par James Thierrée et Omar Sy, et bien d'autres personnages emblématiques. Marseille donne rendez-vous au cirque contemporain avec l'Entre-deux biennales où, du 14 février au 7 mars, se succéderont entre autres, Marion Collet & Tiphaine Raffier pour Comme un sujet, Nikolaus & Joachim Latarget pour La même chose (une proposition de la cie Archaos et du théâtre La Criée), ou encore La chambre des amants, danse équestre, poétique et amoureuse du Théâtre du Centaure.

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