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« Fantômes de la maternité », un avant-goût des Boutographies

par Véronique Giraud
© Florian Roche
© Florian Roche
© Florian Roche
© Florian Roche
© Florian Roche
© Florian Roche
Arts visuels Photographie Publié le 26/04/2018
C’est la 18ème édition des Boutographies. Le festival, qui a tracé à Montpellier le sillon d'une jeune génération de photographes, se déroulera du 5 au 27 mai 2018. En attendant, un avant-goût de l'édition avec l'un des sélectionnés, le Montpelliérain Florian Roche, qui a fait surgir des fantômes dans les images d'une maternité abandonnée de la ville.

Florian Roche a fait ses études de photo à Montpellier. Il fait partie cette année de la Projection du jury du festival des Boutographies avec sa série Les fantômes de la maternité. « C’est un projet sur l’ancienne maternité Grasset à Montpellier, en activité pendant plus de 90 ans. » L’histoire de ce lieu emblématique du XXe siècle a de quoi susciter l’imaginaire de cet amoureux de l’image et du cinéma. «Le bâtiment a été construit en 1900 et a été transformé en commissariat pendant dix ans, des années 90 jusqu’au début des années 2000 ». Abandonné depuis, une nouvelle vie va s’ouvrir à lui puisque la Ville a pris la décision de sa réhabilitation en vue de le reconditionner en conservatoire de musique à l’horizon 2020.
Le travail de Florian Roche s’attache donc à faire resurgir la mémoire du lieu. Un retour dans le passé et une façon de «rendre hommage à ce lieu me tenait à cœur, d’abord parce que c’est un lieu emblématique de Montpellier, beaucoup de Montpelliérains y sont nés, en particulier mon père », explique le photogr aphe. Sur ses images, apparaissent des silhouettes, formes blanches qui trouent l’image. «Les fantômes représentent les moments clés de de ce lieu. C’est pour ça qu’il y a des infirmières et des sages-femmes, des policiers aussi, des enfants. C’était aussi un lieu qui accueillait les enfants placés. Chaque fantôme représente l’histoire du lieu, c’est une sorte de mémoire de la disparition, parce que le lieu va être transformé. »
Loin d’une reconstitution historique pointilleuse, les images à la puissance évocatrice cherchent à susciter l’imaginaire de celui qui regarde. Le contraste est appuyé entre « ce lieu vraiment très abimé, tagué, cassé, méconnaissable et les fantômes qui eux sont dans une tenue en très bon état ». Un long travail de repérage a été le préalable : « tout a été fait en lumière naturelle, donc forcément il fallait que je vienne souvent faire des repérages pour voir comment la lumière agissait. J’ai constitué une équipe, j’ai travaillé avec une costumière et les modèles étaient des acteurs ».
Très inspiré par les films fantastiques, et de fantômes, Forian a notamment une grande admiration pour Kiyoshi Kurosawa. Il aime également la poésie d’Andrei Tarkovski. Quelques références sont disséminées dans les compositions, « elle font penser à du Edelstein, à Shining aussi », commente le cinéphile.

 

Boutographies 2018, du 5 au 27 mai au Pavillon Populaire, Esplanade Charles de Gaulle - Montpellier.

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