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Florence accueille le premier G7 de la culture

par Jacques Moulins
Un extrait de la vidéo de l'E.I. détruisant le musée de Mossoul. DR
Un extrait de la vidéo de l'E.I. détruisant le musée de Mossoul. DR
Hors-Champs Politique Publié le 01/04/2017
Le premier G7 de la culture s’est tenu à Florence les 30 et 31 mars, après la réunion de Paris déjà consacrée à la protection du patrimoine endommagé ou détruit par les guerres. Le ministre italien Dario Franceschini a appelé à une "coordination internationale culturelle". On espère une suite, où l’on pourrait parler également de la création contemporaine elle aussi très menacée.

L’Italie et la culture font bon ménage. Déjà, sous la gouvernance de Matteo Renzi, la péninsule avait été le seul pays à penser la gestion du terrorisme avec un programme culturel basé sur le principe, un euro investi dans la culture pour un euro investi dans la sécurité. « Ils imaginent la terreur, nous répondons avec la culture » avait lancé au Capitole le jeune Président du conseil. D’où était née l’idée d’un « pass culture » pour chaque jeune italien d’un montant de 500 euros, proposition reprise aujourd’hui par le candidat Macron.

L’Italie n’a plus Renzi, mais ses amis toujours au gouvernement ont lancé cette fois l’idée d’un G7 de la culture. Et ils l’ont fait. Le jeudi 30 mars, dans la ville symbolique de Florence où fut inventée la Renaissance culturelle de toute l’Europe, les ministres de la culture de l’Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, du Japon, du Royaume-Uni ont répondu à l’invitation de leur collègue Dario Franceschini pour ouvrir le premier G7 de la culture en présence d'Irina Bokova, directrice générale de l'Unesco

 

Dialogue entre les peuples. Malgré un ordre du jour séduisant « la culture comme instrument de dialogue entre les peuples », les deux journées de travail se sont surtout concentrées sur la question du patrimoine. L’Italie est le pays qui, au monde, consacre la plus importante part de budget public à l’entretien et à la rénovation de monuments il est vrai exceptionnels. Bonne raison pour engager les autres membres du club des riches à la préservation d’un patrimoine mondial bien menacé. « L’Italie dispose d’un leadership culturel dû à l’importance de son patrimoine » a expliqué Dario Franceschini précisant que son pays « cherche à transformer cette force en action au plan international pour faire entrer la notion de diplomatie culturelle à l’agenda des nations ».

En 2015 déjà, après les premières destructions et les pillages des troupes de l’Etat islamique à Palmyre, l’Italie avait lancé l’idée de « casques bleus de la culture », idée reprise par l’Unesco qui a constitué un groupe d’une soixantaine d’experts pour intervenir partout dans le monde.

 

Alliance internationale. Le mois de mars a ainsi été un mois important pour le patrimoine mondial. Après la conférence d’Abou Dhabi en décembre 2016, le président François Hollande proposait avec le pays d’accueil et l’Unesco « l’alliance internationale pour la protection du patrimoine culturel menacé par le terrorisme et la guerre ». Le 20 mars dernier, dix jours avant la réunion de Florence, s’ouvrait au Louvre une conférence internationale des donateurs pour la sauvegarde des monuments menacés en zones de conflits, qui permit de récolter 69,8 millions d’euros, la France apportant à elle seule 40% des dons. Ces sommes devraient principalement servir aux sites assyriens de Nimrod, au musée de Mossoul, à la cité antique d’Hatra, au site afghan de Bamiyan, à la cité des 333 saints de Tombouctou et bien entendu à Palmyre.

Enfin, le 24 mars, au conseil de sécurité de l’ONU, la France et l’Italie ont fait adopté une résolution sur la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé.

 

Coordination internationale culturelle. Si la résolution finale adoptée à Florence par les sept ministres de la culture a essentiellement porté sur la protection du patrimoine en temps de guerre, le ministre italien n’a pas voulu laisser passer l’occasion d’en appeler à une coopération internationale qui touche l’ensemble du domaine culturel, y compris la création contemporaine. Car comment oublier que les artistes et créateurs ont été parmi les premières victimes des extrémistes de Daesh ?

«Dans les temps où nous vivons, nous devons renforcer de manière drastique la coordination internationale culturelle» a estimé Dario Franceschini. Se référant à Umberto Ecco, il a poursuivi : «Nous sommes tous porteurs de connaissances et si nous diffusons ces connaissances, aidons les gens à lire, à aller au cinéma, au théâtre, à apprendre des cultures différentes, nous pouvons favoriser la compréhension mutuelle ». D’autres G7 thématiques sur l’environnement ou les transports, sont d’ores et déjà prévus. Espérons que la protection de la création culturelle, menacée, limitée ou censurée dans tant de pays au monde aura droit un jour à une telle approche.

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