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Giuseppe L. Bonifati, sur la peau

par Julie Delem
Jour 12. ©Linda Sugataghy
Jour 12. ©Linda Sugataghy
Jour 4. ©Linda Sugataghy
Jour 4. ©Linda Sugataghy
Jour 6.© Linda Sugataghy
Jour 6.© Linda Sugataghy
Jour 14. ©Linda Sugataghy
Jour 14. ©Linda Sugataghy
Jour 18. ©Linda Sugataghy
Jour 18. ©Linda Sugataghy
Jour 2. ©Linda Sugataghy
Jour 2. ©Linda Sugataghy
Arts vivants Performance Publié le 23/07/2015
Giuseppe L. Bonifati est l'artiste qui se cache derrière la performance Above the skin, réalisée lors d'une résidence à la Cité internationale de Paris. Armé d'une combaison en latex, il mène une action artistique urbaine née de la « nécessité de se rencontrer, nu et en même temps couvert par une seconde peau ».

Giuseppe n'aime pas particulièrement être nu sous le latex. D'ailleurs, après un petit nombre d'heures, chaque jour et durant un mois sous le soleil de Montreuil, il a fini par attraper une allergie cutanée. Cet Italien émigré en Hongrie se défend d'aimer la « provoc' ». Il ne savait pas du tout que le Zentaï, cette combinaison moulante recouvrant tout le corps, avait dans certains milieux une connotation de fétichisme sexuel. Lui se souvient surtout des costumes pour marionnettistes, visant à « faire disparaître les corps ». C'est dans cette lignée significative que s'inscrit sa performance Above the skin, réalisée en juin à Paris.
Invité par la ville dans le cadre d'une résidence à la Cité Internationale, Giuseppe L Bonnifati a voulu parler de la « déshumanisation et l’indifférence » en empruntant une combinaison aux couleurs criardes. Une seconde peau synthétique rose fluo, qui ne laisse transparaitre aucun signe distinctif quand à son origine culturelle et ethnique. « La première partie de mon projet s'appelle Solitude. Parce que pendant 29 jours, pieds nus et seuls, j'ai emprunté toujours le même parcours dans la ville. La seconde partie du projet consistait en un work-shop, permettant aux habitants et à une communauté d'artistes d'enfiler eux aussi une combinaison. Au terme de la résidence, j'ai enterré ma seconde peau dans la terre et on a festoyé autour d'un repas africain ».

Les premiers jours de Solitude, Giuseppe est un peu « stressé » , il se dit que ca peut être « un peu dangereux ». Son but est de confronter « la réaction du moraliste en rencontrant en plein air un groupe de personnes quelconques déguisées à l'aide des costumes de seconde peau ». Il arpente les différents quartiers de Montreuil, observe les commerçants de la rue piétonne, les courses journalières des « mères africaines, arabes, serbes, croates » et dialogue avec eux. A la fin du mois, une dizaine d'habitants acceptent d'enfiler, eux aussi, la seconde peau.

Sous ce moyen simple et ludique se cache un propos : celui du désir d'anonymat. « Malgré les nombreuses actions humanitaires de nos jours, nous avons de bonnes raisons de dire que nous ne nous soucions pas des autres. Peu importe le profil, les cicatrices, la forme des yeux, nous ne voulons pas montrer notre vrai visage. Nous préférons un lien sécurisé », explique l'artiste.
Intégré au sein des Jeunes pépinières européennes dans le cadre du programme " Artistes de la relation à l'autre ", Giuseppe L. Bonifati continue son projet en Allemagne, à Berlin.
Bio :

Giuseppe L. Bonifati est acteur, auteur dramatique, metteur en scène et créateur de la troupe Divano Occidentale Orientale. Il est installé en Italie et au Danemark.

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