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La martenitsa, le rituel des Balkans qui célèbre le printemps

par Stoyana Gougovska
 ©Gougovska/NAJA
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Hors-Champs Société Publié le 28/03/2018
Vous avez peut-être remarqué que certaines personnes portent depuis le 1er mars un petit bracelet tressé de fils de laine rouge et blanc. C'est le traditionnel porte-bonheur du printemps des pays balkaniquess. Chère aux cœurs de tous les peuples des Balkans, la martenitsa fait partie depuis décembre 2017 du patrimoine culturel mondial de l’UNESCO. Retour sur un rituel ancien et mythique.

Au mois de mars, le printemps vient enfin remplacer l’hiver et, dans les pays balkaniques, un rituel ancestral perdure de nos jours, marquant cette transition. Pour symboliser le renouveau de la nature, dès le 1er mars petits et grands décorent leurs vêtements d'un ornement de fils rouge et blanc entremêlés, la martenitsa. Cette tradition païenne tient une place très importante dans la culture bulgare. C’est le pays où elle est la plus populaire, mais on retrouve une coutume similaire en Moldavie, en Grèce ou en Roumanie, sous les noms martinka, martiu ou mărțișor. Chère aux cœurs des peuples balkaniques, la martenitsa fait partie depuis décembre 2017 du patrimoine culturel mondial de l’UNESCO.

 

La tradition Si vous vous trouvez en Bulgarie à l’approche du printemps, vous allez forcément remarquer les étals de martenitsa, qui poussent comme des champignons. Souvent de fabrication artisanale, on les retrouve sous différentes formes, avec l’imagination comme seule limite. Les bracelets rouges et blancs basiques, mais aussi des colliers, des broches et même des représentations de héros populaires. Deux personnages traditionnels, les poupées Pijo et Penda, sont souvent accrochés au bout des fils torsadés. Pijo est un garçon fait de laine blanche, Penda une fille, de laine rouge. Le blanc symbolise la pureté, le bonheur et la fertilité, le rouge la vitalité, la santé et l’amour. On attend avec impatience le premier jour de mars pour offrir à ses proches des martenitsa, en guise de vœux de bonne santé et de prospérité. De quoi apporter en ce jour des sourires sur les visages et de la couleur sur les vêtements sombres.

La tradition veut qu’on porte les martenitsa jusqu’à ce qu’on voie passer un oiseau printanier. À ce moment-là, on les accroche à la branche d’un arbre fruitier. Même si, avec les changements climatiques, les hivers ne sont plus aussi rudes et qu’il est peu probable d'apercevoir une cigogne ou une hirondelle en ville, vers la fin du mois de mars tout le monde s'exécute et un peu partout les arbres en fleurs se parent d’une multitude de ces petits ornements rouges et blancs.

 

Mythe et symbole En Bulgarie, le printemps est symbolisé par le personnage de Baba Marta, une vieille dame à l’humour changeant, à l'instar du climat en mars. C’est à elle qu’on veut plaire en portant les martenitsa et en faisant le grand ménage dans les maisons pour en jeter tout ce qui est négatif. Le mythe de Baba Marta a ses origines dans l’histoire païenne de la péninsule balkanique et provient des cultes ancestraux dédiés à la nature, à l’agriculture. Le rituel du tressage des fils blanc et rouge est issu d’une tradition très ancienne, typique des Thraces et de certains peuples de la Grèce antique.

Le 1er mars symbolise le début d’un nouveau cycle dans la nature, une transition de la mort à la vie, de l’infertilité à la fertilité et au renouveau en général. C’est la période où, dans les temps anciens, on craignait les dangers tout en formant des vœux de chance, santé et abondance. Ainsi la symbolique de la martenitsa est orientée dans deux sens – d’une part elle protège des mauvais esprits, des malheurs, de l'autre elle est porteuse de santé, force et fertilité. Aujourd’hui la martenitsa n’est plus utilisée comme amulette de protection, elle est juste un symbole pour célébrer le printemps et souhaiter du bonheur à ses proches.

Si cette tradition a résisté au temps c’est certainement pour sa forte charge positive et parce qu’elle est unique au monde. Alors si vous voyez, dans n’importe quel coin du globe, quelqu’un portant au mois de mars une martenitsa, sachez qu’il est soit appartenant, soit ami des peuples des Balkans, souhaitez-lui une joyeuse Baba Marta.

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