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La Syrie, un combat pour la paix

par Véronique Giraud
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La rencontre publique "Au-delà du désastre : penser et agir avec les démocrates syriens" a eu lieu le 13 mars dans l'auditorium de l'Institut du Monde arabe. ©Giraud/NAJA
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La rencontre publique "Au-delà du désastre : penser et agir avec les démocrates syriens" a eu lieu le 13 mars dans l'auditorium de l'Institut du Monde arabe. ©Giraud/NAJA
Hors-Champs Politique Publié le 16/03/2017
Six ans après le soulèvement en Syrie, une rencontre publique était organisée à l’Institut du Monde Arabe le 15 mars. Intitulée Au-delà du désastre : penser et agir avec les démocrates syriens, elle a mis sur la scène de l’auditorium des penseurs et des personnalités politiques, des artistes syriens et français, et surtout des Syriens venus témoigner de leur combat de tous les jours pour la vie et la liberté.

Colère et impuissance. Ce sont les sentiments premiers qui nous animent à écouter les informations venues de Syrie. Une lassitude parfois devant cette humanité qui se déchire, devant cette capacité de destruction pour un pouvoir de plus en plus illusoire tant les grandes puissances et les réseaux locaux semblent avoir défigurer un pays et son peuple. Et pourtant. Pourtant, dans le chaos, et par tous les moyens en leur pouvoir, dont la culture et l’information ne sont pas des moindres, des acteurs se battent encore quotidiennement tout simplement pour les humains, leur liberté, leurs expressions. Et la paix.

Pour faire entendre, en France, ces acteurs, une rencontre publique était organisée à l'initiative des personnalités de l'Appel d'Avignon à l’Institut du monde arabe le 15 mars. Le ministre des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, l’ancien ministre Jack Ralite, la vice-présidente d’Amnesty International Cécile Coudrioux, des militants, des comédiens, des musiciens, avaient fait le déplacement. Mais ce sont bien sûr les trois témoins syriens qui retiennent l’attention. Par leur détermination à croire encore à la vie et à agir pour les moyens de vivre.

Se battre pour l’information. « Ne laissez pas faire un autre massacre, il y a encore des manifestants pacifistes » a conclu un des trois intervenants syriens, le journaliste Ahmad Al Ahmad originaire de Hama, fondateur du Syrian Press Center. Cette agence est en soi un combat pour le doit à l’information.

Témoigner. "Je suis venu en France pour témoigner de ce qui s’est passé à Alep. Au cours du premier et du second siège, c’est un crime de guerre auquel la communauté internationale a assisté en silence", ainsi s'exprime Younes Shashou, jeune photographe d’Alep qui dirige aujourd’hui Brotherhood Organization for Development and Human Rights, une ONG basée à Gaziantep (Turquie).

Agir sur place. Après avoir rappelé les terribles conditions dans lesquelles exercent et meurent le personnel soignant en Syrie, le médecin urgentiste Raphaël Pitti ne veut plus qu’on se contente de voir ce massacre, sans agir. Devenu expert en médecine de guerre, il forme en Syrie les médecins et les volontaires pour exercer une médecine sans moyens, clandestine et exposée à la terreur.

Agir en France aussi. « Nous devons passer de la compassion à la participation », a clamé le comédien et metteur en scène Fares Relou. Les films auxquels il a participé ont été interdits de diffusion officielle. Militant très actif de la liberté d'expression et de création, il a été arrêté en flagrant délit d'activisme et des menaces l'ont contraint à l'exil en France il y a cinq ans. Il défend depuis lors la cause des détenus dont on parle peu.

La voix des artistes. La poésie, dite par son auteur Samar Yazbek, les textes d'autres écrivains syriens lus par les comédiens Dominique Blanc, Agnès Sourdillon, Hala Omran, Didier Sandre, Marcel Bozonnet, la merveilleuse sonorité du oud distillée par les frères Khaled et Mohanad Aljaramani qui, exilés à Lyon et à Paris, ont co-fondé l'ensemble franco-syrien Bab Assalam, rappelaient s'il en était besoin les ancestrales richesses de la civilisation syrienne. Rappelaient aussi combien l'art peut panser les plaies de l'âme.

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