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Le Louvre-Lens, un musée au coeur du bassin minier

par Lucie Goar
Arts visuels Arts plastiques Publié le 01/12/2017
Lorsqu'il a ouvert ses portes, le 4 décembre 2012, les sceptiques ne manquaient pas sur la pérennité du Louvre-Lens. Le pari est pourtant réussi et le Centre de conservation du Louvre va s'y installer. Un anniversaire qui se fête du 2 au 10 décembre.

Il faut descendre à la gare de Lens. On est alors immédiatement plongé dans cet univers que le XXe siècle semble avoir condamné à vivre dans son passé minier. Les fresques des murs, les terrils en paysage, le parcours jusqu'au musée, tout rappelle qu'ici on travaillait à la mine ou pour la mine. Dans ce capitalisme patriarcal et catholique, toute la vie, de la petite enfance à la mort, était organisée par l'entreprise. Les sociologues, économistes et politiques qui ont travaillé sur la reconversion des salariés n'ont au début par perçu ce que cette assistance avait de rédhibitoire pour les destins individuels. Si bien que la culture est apparue comme un enjeu essentiel pour la reconversion du bassin minier.

L'implantation d'une antenne du prestigieux musée du Louvre a donc été un véritable défi. Le stade de foot où officiait le FC Lens, seule sortie populaire des mineurs, est sur le chemin du nouveau Louvre. Mais pouvait-on entrainer les populations locales vers un musée ? La réponse est aujourd'hui dans les chiffres. Sur les 2,8 millions de visiteurs qui ont arpenté les salles ces cinq dernières années, plus de la moitié viennent de la région. L'autre moitié vient surtout des pays voisins, Belgique, Allemagne, Luxembourg et Pays-Bas.

 

La Galerie du temps. Les concepteurs du Louvre-Lens ont tenu compte de cet environnement particulier. Ils ont ainsi créé ce qui s'avère une réussite formidable : la Galerie du temps. Long espace habillé de mur d'aluminium réfléchissant, la Galerie raconte sur 3 000 m2 une histoire de la culture humaine depuis les premiers millénaires, de la naissance de l'écriture à l'ode républicaine du tableau de Delacroix, La liberté guidant le peuple. Le Louvre n'a pas lésiné, prêtant des œuvres parmi les plus rares de sa collection, ce qui a permis des expositions temporaires de qualité où l'on a pu voir, par exemple, la Sainte-Anne de Léonard de Vinci que le musée parisien rechigne à sortir de la capitale.

Outre cette Galerie qui offre aux pièces exposées l'espace nécessaire à leur appréciation, le Louvre-Lens propose également aux musées de la région de réaliser les expositions de leur choix dans le Pavillon de verre. Le musée se fait ainsi collaboratif, offrant aux espaces culturels des Hauts-de-France une vitrine internationale.

 

Le futur Centre de conservation. La réussite permet d'aller de l'avant. Ce mois de décembre, la première pierre du Centre de conservation du Louvre sera posée dans la commune voisine de Liévin. Ce qui fera du Louvre Lens, assure Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée du Louvre, "le pôle museal le plus important d'Europe". En cadeau anniversaire, il annonce également pour 2018 l'exposition "pour la première fois fois hors Paris, des Trésors nationaux acquis récemment par l'Etat, les mécènes et le grand public au bénéfice du Louvre". Parmi lesquels La lecture de la Bible de Jean-Baptiste Greuze ou la Table de Teschen de Johann Christian Neuber.

Autre cadeau, deux week-ends et une semaine de fête du 2 au 10 décembre, avec des ateliers, des tables rondes, des fanfares bien sûr, et un beau week-end de fête les 9 et 10 décembre.

 

Cinq ans du Louvre Lens. Fête du 2 au 10 décembre 2017.

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