espace abonné Je m'abonne Connexion

INSCRIVEZ-VOUS à la newsletter POUR ÊTRE INFORMé CHAQUE SEMAINE

ACCUEIL > Analyse > Le printemps sera africain

Le printemps sera africain

par Véronique Giraud
La deuxième édition du festival 100 % de La Villette présente la scène contemporaine africaine sous toutes ses facettes : danse, théâtre, musique, mode, design, exposition, création culinaire… pour un mois de traversée de haute volée. Dr
La deuxième édition du festival 100 % de La Villette présente la scène contemporaine africaine sous toutes ses facettes : danse, théâtre, musique, mode, design, exposition, création culinaire… pour un mois de traversée de haute volée. Dr
Arts visuels Arts plastiques Publié le 06/04/2017
En ce printemps 2017, les manifestations qui mettent les artistes africains à l'honneur n'ont jamais été aussi nombreuses et d'envergure. Il semble que la France ait envie de découvrir l’art  contemporain africain.

Depuis quelques années, les artistes contemporains d’Afrique occupent la scène des galeries françaises, des musées, des salles de vente. Un continent si vaste qu’on le nomme Maghreb, Afrique du Sud, Afrique Subsaharienne, Afrique noire, Afrique francophone, Afrique anglophone… et que chaque dénomination véhicule un imaginaire très distinct. Alors que l’actualité renvoie les images dramatiques d’un continent dévasté par les conflits inter-ethniques, par les guerres de pouvoir, les épidémies, la famines; il est difficile de croire encore possible pour un artiste africain de trouver la liberté de créer. Or c’est un fait, au-delà du manque de moyens, de visibilité et de reconnaissance nationale, de réalités économiques et sociales douloureuses, l’art résiste. Répartis entre diaspora internationale et vie locale, les artistes, femmes et hommes, s’expriment et s’ouvrent au monde. Dans les musées américains, si réputés par ailleurs, encore peu d’œuvres d’artistes noirs. C’est en Europe, en particulier dans les pays où l’histoire coloniale a forgé une relation singulière, qu’émergent peu à peu des événements comme des salons, des foires, des festivals, de grandes expositions.

En France, après une année 2016 ponctuée par deux nouveaux grands rendez-vous, la Foire Akaa et le lancement du magazine IAM, par la nomination de Kader Attia et Barthélémy Togo au Prix Duchamp, le printemps 2017 fourmille d’événements. Le Printemps des poètes a choisi Paroles d’Afrique(s) pour intituler sa 19e édition, et  le festival jeune public 100% Afriques, du 23 mars au 28 mai, présente à La Villette la scène contemporaine africaine sous toutes ses facettes : danse, théâtre, musique, théâtre, mode, design, création culinaire…

Afrique capitales s’installe du 29 mars au 21 mai à la gare St Sauveur de Lille où Simon Njami, son curateur, invite à un voyage du nord de la France au sud de l’Afrique, de Lille au Cap de Bonne-Espérance, à travers les œuvres d'une vingtaine d’artistes. L’exposition lilloise vient en miroir de celle présentée au parc de la villette dans le cadre du Festival 100% Afriques.

 

Art Paris Art Fair mettait cette année l’Afrique à l’honneur sous les voutes du Grand Palais, du 30 mars au 2 avril, où une vingtaine de galeries africaines étaient présentes et que le musée Dapper faisait dialoguer une vingtaine d’œuvres du plasticien sénégalais Solly Cissé. Cette édition 2017 de Art Paris Art Fair a vu le lancement du Prix L’art est vivant, dont l’objectif est de soutenir à un moment clé de sa carrière un jeune talent exposé dans le secteur Promesses, dédié aux galeries de moins de six ans d’existence. Doté de 5 000 euros, il a été décerné le 31 mars à Dalila Dalléas Bouzar, née en 1974 et représentée par la Galerie Cécile Fakhoury (Abidjan). On y trouvait IAM IN PARIS, un hors série bilingue (Fr/ang) de IAM - Intense Art Magazine, avec 24 pages spécial " printemps africain " (version pdf téléchargeable gratuitement). Le dimanche 2 avril, les Galeries Lafayette et le Marché Noir s’associaient pour créer la Parade Africa Now.

À l’Institut du Monde arabe, du 14 avril au 30 juillet, l'exposition Trésors de l’Islam en Afrique fera elle aussi voyager de Dakar à Zanzibar, de Tombouctou à Harar. Archéologie, architecture, patrimoine immatériel et art contemporain sont réunis à travers près de 300 œuvres multidisciplinaires qui témoignent de la richesse artistique et culturelle de la pratique de l’islam en Afrique subsaharienne. La fonction Vuitton a elle aussi choisi l'Afrique pour sa grande exposition de l'été, Art/Afrique, le nouvel atelier. Du 26 avril au 28 août, elle offrira un panorama de la création récente de l'Afrique subsaharienne à l'Afrique du Sud à travers trois axes : Les Initiés, un choix d'œuvres de la collection d'art africain de Jean Pigozzi ; Être là, Afrique du Sud, une scène contemporaine ; L'Afrique dans la Collection de la Fondation Louis Vuitton.

Pour la plupart, ces œuvres interrogent les incohérences et les injustices du monde.

 

Partager sur
Fermer