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Vanessa Oltra : « Le lien arts et sciences pose les questions de la société d’aujourd’hui »

par Véronique Giraud
Vanessa Oltra. DR
Vanessa Oltra. DR
Hors-Champs Croisement Publié le 11/11/2017

Votre mission culture arts/sciences est-elle née de votre parcours personnel ?

Elle est née en effet par mon initiative. Je suis universitaire, maître de conférences en économie et chercheur au GREThA, j’écris aussi pour le théâtre depuis longtemps. Cette activité m’a conduit à m’intéresser à l’écriture théâtrale comme un moyen de transmission, de médiation des savoirs, et in fine au lien arts et sciences dans toutes leurs disciplines. J’ai proposé cette initiative, elle a été validée par la présidence de l’université, et rendue possible grâce au financement de l’IDHEx Bordeaux.

 

C’est la seconde édition de FACTS, quel impact a eu la première ?

D’abord une forte participation du public, avec 5000 personnes sur la première édition. L’une des craintes des partenaires était le côté élitiste. Nous ouvrons la deuxième édition mardi et tout est quasiment complet. Le public est vraiment curieux de ça. Il y a le public habituel des lieux culturels où est programmé le festival. Sa spécificité est d’être présenté hors les murs de l’université. L’enjeu était d’aller montrer ces créations aux opérateurs culturels de la métropole. Il y a donc un croisement du public de ces lieux avec un public de chercheurs et d’étudiants. La mixité des publics est un de nos objectifs, à la fois que les publics des lieux culturels aient une proposition originale en lien avec la science et à la fois que la communauté universitaire et scientifique aille dans des lieux de culture, souvent inhabituels pour elle.

Le deuxième impact très important est sur les chercheurs. Nous l’avons évalué par des entretiens après le premier festival. Les chercheurs sont très enthousiastes, ont envie de poursuivre ces expériences. Si les projets sont de natures très différentes, les retours chercheurs sont excellents, soit en terme de créativité, soit en terme de valorisation de leurs recherches, soit aussi en terme de nouvelles directions de recherches inspirées par les questions posées par l’artiste et sa façon de questionner.

 

Cette édition a été conçue autour du mouvement, comment l’idée est-elle venue ?

Le mouvement est venu assez naturellement comme thème. L’actualité de la Ville de Bordeaux est en mouvement, celle de l’université également, avec une nouvelle équipe présidentielle dans un mois. Nous sommes à la recherche de thématiques très larges pour qu’elles se prêtent à la pluridisciplinarité des publics, mais ce n’est pas le thème qui prime. Nous lançons deux appels à projets, l’un thématique pour le festival, l’autre non thématique pour des projets qui ont besoin d’un temps plus long de développement.

 

Comment se tisse le lien entre le grand public et les scientifiques ?

Au-delà de la présentation des œuvres et des performances, sont proposées de nombreuses rencontres autour du savoir, appelées Les rencarts du savoir. Il s’agit d’échanges et de débats avec les artistes et les chercheurs. Le public a aussi la possibilité à travers le festival d’assister à des échanges autour d’œuvres présentées.

 

Comment vous projetez-vous dans l'avenir ?

Nous réfléchissons actuellement à de nouveaux axes de développement pour 2018. L’axe premier est de construire des programmes qui soient au plus près des enjeux des recherches. Un second axe que nous cherchons à développer est l’internationalisation, en étant capables d’attirer des artistes reconnus à l’échelle mondiale, d’avoir des collaborations.

 

À l’échelle du monde, ou de l’Europe, existe-t-il d’autres festivals du type de FACTS ?

Pas vraiment du même type. Notre festival est directement rattaché à une université. Il y a un grand festival international art et science en Autriche, Ars Electronica, mais ce n’est pas la même histoire. Ce que nous faisons, c’est plus proche des festivals des grandes villes universitaires anglo-saxonnes, qui s’appellent souvent festivals des idées.

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